Dans sa décision n°2026-160 publiée le 24 juillet 2026, l’Autorité nationale des jeux (ANJ) a approuvé le plan d’actions 2026 du casino d’Ajaccio consacré à la prévention du jeu excessif et à la protection des mineurs. Cette validation intervient après un premier rejet survenu le 26 mars 2026, faisant du casino ajaccien l’unique établissement refusé parmi les quelque 210 casinos et clubs de jeux examinés au niveau national cette année-là.
Un rejet isolé, une copie entièrement revue
Le premier plan présenté par le casino d’Ajaccio avait été jugé insuffisant par le régulateur, qui estimait notamment que la méthode d’identification des joueurs excessifs restait trop sommaire pour évaluer précisément le niveau de risque individuel.
Le casino a transmis une nouvelle version enrichie à la fin du mois de mai 2026. L’ANJ reconnaît désormais dans sa décision de « réelles avancées » dans l’organisation et dans les moyens consacrés à la prévention – une formulation qui tranche avec le constat d’insuffisance du printemps.

Un dispositif renforcé, cinq prescriptions maintenues
Le plan approuvé repose sur un croisement plus large des signaux disponibles : fréquence des visites, horaires de présence, habitudes de jeu, échanges avec le personnel, et détection du chasing – ce comportement qui consiste à prolonger le jeu pour tenter de récupérer des pertes antérieures.
Un point quotidien entre salariés avant l’ouverture doit permettre de partager les observations et de repérer plus rapidement les éventuels changements de comportement. Une fiche individuelle de suivi conserve désormais l’historique des échanges et des mesures proposées pour chaque joueur accompagné.
L’approbation reste toutefois assortie de cinq prescriptions. L’ANJ demande notamment d’affiner les seuils de détection pour que le nombre de joueurs identifiés reflète davantage la fréquentation réelle, de mesurer objectivement l’efficacité des mesures via des indicateurs chiffrés, et d’organiser effectivement les formations continues annoncées pour le personnel en 2026.
La décision ne constitue ni une sanction ni une fermeture : elle valide le plan tout en fixant des objectifs précis pour le prochain exercice. Ce volet de jeu responsable (détection, accompagnement personnalisé, orientation vers des professionnels de l’addictologie) illustre les outils que l’ANJ a exigés du casino d’Ajaccio dans le cadre de cette procédure.
La capacité de l’ANJ à rejeter un premier plan puis à valider une version remaniée en quelques mois témoigne d’un processus réglementaire itératif : le rejet initial n’a pas conduit à une sanction, mais a contraint l’établissement à retravailler substantiellement son dispositif.
Le prochain plan annuel du casino d’Ajaccio devra présenter des résultats chiffrés pour démontrer que les progrès accomplis ont produit des effets concrets sur le terrain.