Neuf autorités européennes de régulation des jeux d’argent ont signé une déclaration commune le 17 juin 2026 pour alerter sur les risques des marchés prédictifs. Une première dans le secteur, portée par l’explosion des volumes de mises pendant la Coupe du monde, mais dont la portée concrète reste à démontrer.
Une coordination inédite sur fond de Coupe du monde
Le 17 juin 2026, neuf autorités de régulation des jeux d’argent, dont la française ANJ, aux côtés de la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, l’Espagne et la Suisse, ont publié conjointement une déclaration ciblant les plateformes de marchés prédictifs.
Le timing n’est pas anodin : la compétition mondiale de football bat son plein, et des acteurs comme Polymarket ou Kalshi captent des volumes de mises inédits. Bernstein estime que le tournoi pourrait générer jusqu’à 10 milliards de dollars sur l’ensemble de ces plateformes.
Ces marchés permettent de parier sur l’issue d’événements sportifs, politiques ou géopolitiques, via des contrats binaires échangés entre utilisateurs, sans bookmaker intermédiaire. Les régulateurs pointent plusieurs risques : accessibilité permanente, absence de limites de mise, contrôles d’identité insuffisants et potentiel addictif élevé.
Une étude publiée en avril 2026 révèle que près de 69 % des comptes Polymarket sont déficitaires, souvent au bénéfice d’entités de trading professionnelles.
Des effets encore limités face à des plateformes difficiles à bloquer
La déclaration adresse également un message aux fédérations sportives, leur rappelant de vérifier la légalité des plateformes partenaires sur leur territoire. Une pique implicite à des accords récents : LaLiga et la Serie A ont signé avec Polymarket pour les marchés nord-américains, tandis que Kalshi est devenu sponsor officiel de la fédération argentine, en association avec Lionel Messi.
Plusieurs pays ont déjà franchi le pas du blocage, notamment l’Espagne, l’Inde, l’Indonésie et le Brésil, mais l’exécution reste complexe. Le recours aux VPN et aux cryptomonnaies permet à ces plateformes de contourner les restrictions techniques.
Pour la France, le cadre juridique existait déjà : toute plateforme proposant des paris avec mise d’argent doit être agréée. Cela été notamment le critère de base pour que Bet365 voit le jour. L’apport de cette déclaration est donc davantage diplomatique que législatif, posant un jalon collectif avant, peut-être, des mesures plus contraignantes.