Honfleur pourrait se doter d’un casino d’ici 2030. La municipalité y voit une source de revenus et un levier d’attractivité. L’opposition craint, elle, une aggravation du surtourisme dans une ville déjà sous pression. Le débat est ouvert.
Un pari financier assumé par la majorité
La procédure a été lancée ce 5 juin 2026. Le conseil municipal d’Honfleur a rendu un avis favorable à l’ouverture d’un établissement de jeux comprenant une centaine de machines à sous et un bar dansant ouvert jusqu’à 4 heures du matin. Deux ans de travaux seraient nécessaires, pour une exploitation confiée pendant vingt ans à un groupe privé avant retour automatique à la commune.
L’argument avancé par la majorité est avant tout économique. Le conseiller municipal Julien Anger rappelle qu’Honfleur est la seule station balnéaire de la côte normande à ne pas disposer d’un casino, une anomalie selon lui. Une fois à plein régime, l’établissement pourrait générer entre un et 1,5 million d’euros de bénéfices annuels, des fonds que la mairie envisage de réinvestir dans les écoles ou la valorisation du patrimoine.
Le modèle Deauville est cité en exemple : sans son casino, la ville voisine perdrait selon lui la moitié de sa capacité d’investissement. Un argument d’autant plus pesant dans un contexte de baisse des dotations de l’État aux collectivités.
Surtourisme et identité : les craintes de l’opposition
L’opposition ne partage pas cet enthousiasme. Christophe Perrault, tête de liste aux dernières municipales, estime que les fonds mobilisés seraient mieux employés dans la rénovation du quai Sainte-Catherine.
Il pointe surtout le risque d’amplifier un phénomène déjà tangible : Honfleur a accueilli deux millions de touristes en 2025, soit 3 % de plus qu’en 2024. Ajouter un équipement de divertissement nocturne lui semble aller à rebours de la préservation du cadre de vie.
La majorité répond que le casino ne s’installera pas en centre-ville, mais à proximité du pont de Normandie, avec des navettes prévues pour relier les deux pôles. Julien Anger défend aussi l’idée d’un lieu destiné aux jeunes, pour les inciter à rester sur le territoire plutôt qu’à le quitter.
L’appel d’offres est en cours. Le délégataire devrait être désigné avant la fin de l’année, avant de solliciter l’agrément du ministère de l’Intérieur pour lancer les travaux.