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Le mot « casino » banni à Paris : Partouche cède face au régulateur

Paris luxury club facade with illuminated signage being modified at dusk on Avenue de la Grande Armée

Un mois après avoir affiché le mot « casino » en lettres capitales sur sa façade du 10 avenue de la Grande Armée, Partouche a été contraint de retirer le terme et de rebaptiser son établissement parisien : le Partouche Casino Club devient le Partouche Pasino Club. Un seul caractère modifié – le « c » effacé, un « p » substitué – mais une concession juridique sans ambiguïté.

Une prohibition centenaire, une tolérance zéro sur la dénomination

Le fondement légal est stable depuis plus d’un siècle : l’article 82 de la loi de finances du 31 juillet 1920 interdit l’exploitation de tout casino ouvrant des salles de jeux à moins de 100 kilomètres de Paris. La loi du 28 février 2017 relative au statut de Paris a bien ouvert une brèche, en autorisant par dérogation des clubs de jeux sur le territoire parisien – cadre pérennisé par le Conseil constitutionnel en février 2026 -, mais elle n’a pas touché au mot lui-même.

C’est la Direction des libertés publiques et des affaires juridiques (DLPAJ) du ministère de l’Intérieur qui a tranché : l’usage du terme « casino » sur les supports de communication, façade, site web ou référencement Google, est « de nature à créer une confusion » sur le statut légal de l’établissement.

Groupe Barrière, qui avait également affiché le mot sur son Club Barrière des Champs-Élysées, a procédé au même retrait dans les mêmes semaines, précisant dans un droit de réponse daté du 29 mai 2026 que ce changement avait été décidé en novembre 2025 et était « sans lien avec l’actualité concurrentielle ».

Un rebranding contraint, une cohérence de marque récupérée

Sur le fond, le renommage s’inscrit dans une logique d’enseigne que Partouche pratique déjà à grande échelle : le groupe exploite plusieurs établissements sous l’enseigne Pasino, dont le Pasino Grand d’Aix-en-Provence. L’avenue de la Grande Armée rejoint ainsi le réseau existant plutôt qu’elle ne s’en distingue, ce qui atténue la portée symbolique de la reculade sans en effacer la cause.

L’établissement, ouvert au printemps 2026 avec plus de 5 000 m² dédiés au jeu et un investissement dépassant 100 millions d’euros, reste le plus grand club de jeux de Paris. Son statut juridique le prive cependant de machines à sous et de roulette, un point de friction réglementaire qui demeure ouvert, tandis que le grand opening du 12 mai avait été conçu précisément pour capitaliser sur l’image casino que la loi lui refuse.

Le cadre des clubs de jeux parisiens est désormais consolidé, mais la frontière entre ce qu’un opérateur peut offrir et ce qu’il peut revendiquer publiquement reste une ligne que le régulateur entend manifestement tenir.

Hugo Marchal

Hugo Marchal

Journaliste de formation, Hugo Marchal a découvert le monde des casinos en ligne lors d’une enquête sur les nouvelles formes de divertissement numérique. Ce qui n’était au départ qu’un reportage s’est transformé en véritable passion. Depuis, il s’est spécialisé dans le secteur iGaming, en suivant de près l’évolution des régulations, des innovations technologiques (blockchain, live casino, etc.) et des tendances du marché. Grâce à son esprit critique et son souci du détail, il produit des contenus à forte valeur ajoutée pour guider les joueurs dans un univers en constante mutation.

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